Les couturières de l'ombre tombent les masques

12.05.2020

Elles sont des milliers à avoir cousu des masques partout en France pour les personnels soignants, mais aussi les entreprises. Aujourd'hui, elles vendent leur production aux particuliers. Mais les couturières le sentent, cette vente de masques en tissus, bien que respectant dans la mesure du possible les normes AFNOR, pourrait bien prendre fin. 

Difficile de passer à côté de la colère des couturières dans la presse. Le collectif "Bas les masques" a déjà récolté plus de 12 000 signatures sur une pétition lancée le 28 avril 2020. Rassemblant couturières et costumières, salariées ou artisans, l'objectif est avant tout de dénoncer le travail gratuit fourni durant ces deux mois pour participer à l'effort collectif de solidarité. Soignants, EHPAD, entreprises, ces femmes et hommes de l'ombre ont répondu aux nombreuses commandes des différentes structures. 

Si aujourd'hui les masques sont accessibles en grandes surfaces, pharmacies et distribués par les collectivités territoriales, les masques en tissus ont d'abord été les premiers à combler la pénurie.

L'incertitude des jours à venir

À Crest, Emilie Despesse et Annick Vercasson ont participé à "l'effort de guerre" et proposent actuellement des masques en vente aux particuliers. Pour Annick Vercasson, cette vente est compromise à la suite de l'annonce du gouvernement de la "labellisation" des masques vendus au "grand public". Une peur vite étouffée par la secrétaire d'Etat à l'économie qui dans un tweet indiquant que les couturières n'auraient pas besoin de cette labellisation, qui coûterait environ 1000 euros (divers tests sont à réaliser à la charge du fabriquant) : "les couturiers professionnels peuvent fabriquer et vendre leurs masques librement. L’@AFNOR met à leur disposition ses spécifications et recommande des textiles pour fabriquer des masques assurant une filtration d’au moins 70%. Pas de test obligatoire." 

Mais le doute persiste. Reportage. 

Elodie Potente 



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