IMG 1378

Des parents s'expriment sur la reprise de l'école

01.05.2020

Le Bec est allé interroger des parents d’élèves dans les rues de Crest. Que pensent-ils de la reprise progressive de l’école le 11 mai ? Laisseront-ils leurs enfants retourner en classe ? Nous leur avons posé la question. 

« Si c’est au bon vouloir des parents que se fait la reprise des cours, pour moi, ça m’incite à ne pas à le faire. Cela veut dire que les mesures nécessaires ne sont pas prises », considère Arnaud, père de deux enfants en CE1 et en 5e. Selon lui, « le gouvernement n’a pas été pas clair sur les mesures sanitaires à appliquer ». À ce stade, il ne pense pas laisser son fils et sa fille reprendre les cours.

Les premières prérogatives sur l'organisation de la réouverture des écoles pour les élèves de maternelle et de primaire, le 12 mai (le 11 mai sera consacré à la "pré-rentrée" des professeurs), et des collèges, le 18 mai, ont été esquissées par le Premier ministre, mardi 28 avril, devant l’Assemblée nationale. Edouard Philippe a confirmé que le premier mois, la reprise se ferait sur la base du volontariat.

Les parents seront libres d’envoyer ou non leur(s) enfant(s) à l’école. Une méthode basée sur le libre arbitre qui sème le doute sur le niveau de préparation des établissements scolaires et sur leur capacité à respecter les mesures sanitaires. Déjà, les spécificités s’appliquent pour des territoires : seuls ceux dont la circulation du virus est très faible pourront envisager d’ouvrir les collèges. 

« On déconfine, mais le message c’est débrouillez-vous », tranche Audrey, croisée dans les rues de Crest. Mère de deux enfants, en classe de CE2 et de 6e, elle a décidé que ses enfants resteront faire cours à la maison. « Je ne vois pas l’intérêt de reprendre l’école si ce n’est pour que le nombre de contaminations augmente et que l’on soit à nouveau confinés. Même si je comprends que certaines familles aient besoin que leurs enfants reprennent l’école. Selon moi, c’est trop incertain. »

« Les enfants ont été les premiers à être confinés, et c’est les premiers que l’on déconfine. »

Audrey plaide pour un entre-deux : une organisation entre les familles. « Ça permettrait de se relayer pour les devoirs mais aussi pour motiver les enfants », argumente-t-elle. Une solution qui lui semble plus sûre que renvoyer sa fille et son fils à l’école. « Les enfants ont été les premiers à être confinés, et c’est le premiers que l’on déconfite », argue la mère de famille. 

Mais la joie des élèves à l’idée de reprendre l’école pourrait bien faire pencher la balance chez certains parents. Lors de notre micro-trottoir, tous, sans exception, ont manifesté leur envie de retrouver leurs camarades de classe. « Elle a tellement hâte de retourner en cours », souffle Emmanuelle, mère de Carmen, en classe de CM2. « Même si les mesures sont encore très imprécises. Je ne suis pas plus inquiète que ça », explique-t-elle.

Même état d’esprit chez Chloé, maman d’un petit garçon de 3 ans. « Soit, on se laisse guider par la peur, soit on continue à vivre », résume la jeune mère. « Nous savons qu’il n’y aura pas de vaccin d’ici 12 à 24 mois, nous avons fait le choix de vivre avec ». Son point de vue, elle le justifie par le fait d’être « jeune et en bonne santé ».

Mathilde, 6 ans, dégourdit ses jambes le temps de sa sortie quotidienne. « Je m’ennuie à la maison », confiera-t-elle. Son père, Devajyotu, est inquiet sur la manière dont vont être appliquées les distances entre les élèves. Mais il comprend le besoin de sa fille à reprendre le chemin des classes. « À la maison, nous sommes confinés dans un appartement. À l’école, elle peut bouger, voir ses amis ». Ce père de famille s’en remet, avec confiance, aux maîtresses de l'école Royannez de Crest : « nous attendons leurs instructions. »

Incertitude sur l’ouverture effective des établissements scolaires

Dans les faits, l’organisation de la reprise de l’école dépendra de la décision des maires et de la direction des établissements scolaires. Cependant, plusieurs mesures obligatoires ont déjà été annoncées par le gouvernement : un nombre d’élèves par classe limité à 15, le port du masque obligatoire pour le personnel scolaire. Le masque est prohibé pour les enfants en maternelle, « recommandé » en primaire et obligatoire si un enfant présente des symptômes. Dans les collèges, il sera obligatoire à l'ensemble des classes. 

La carte classifiant les départements en couleur « verte » ou « rouge » selon la circulation du virus déterminera sans doutes le choix des autorités locales à ouvrir ou non les établissements scolaires. Cette incertitude n’aide pas les parents à faire leur choix.

Ce dernier sera plus difficile à compter du 1er juin. S’ils ne veulent toujours pas que leur progéniture retourne en classe, les parents devront fournir une attestation de l’école prouvant qu’elle ne peut pas accueillir leur enfant. Sans quoi, ils ne seront plus éligibles à l’aide du chômage partiel. Dernières solutions : poser des congés ou assurer la garde à domicile. Travailler ou veiller à la santé de ses enfants. 

Estelle Pereira 

 

Le Bec est un média indépendant, sans publicité

Il est gratuit durant le confinement 

Pour nous soutenir, inscrivez-vous !

Ou mieux: Abonnez-vous !


Lire aussi sur la thématique :


Connectez-vous pour publier un commentaire
   À LA UNE  |  OPINIONS