A Crest, les européennes vont-elles déteindre sur les municipales?

10.06.2019

A Crest, les élections européennes de 2019 vont-elles bousculer les municipales de 2020 ?

Le scrutin du 26 Mai a entériné la relégation des deux partis qui, durant des décennies, ont dominé la vie politique en France, et notamment à Crest. Les trois partis placés en tête par les crestois ont un seul élu  au conseil municipal (EELV) ! Comment, dans ces conditions, prédire 2020 ? L’assise électorale d’Hervé Mariton, réélu très largement en 2014, sera-t-elle suffisante cette fois pour le reconduire une cinquième fois ? Rien n’est écrit.

Quel est le point commun de ces deux vieux partis en déroute ? Ils n’ont plus de projet. Les Républicains réunissaient trois droites. Les libéraux sont partis chez Macron, les nationalistes chez le Pen, reste les légitimistes de la manif pour Tous , moins d’un français sur 10. Le PS était le parti du compromis social-démocrate auquel on doit des avancées sociales considérables. Mais c’était au vingtième siècle dernier. Désormais, le temps de la social-démocratie où on comptait sur une croissance éternelle pour obtenir la paix sociale en négociant les surplus, ce temps-là est derrière nous.

Les électeurs ont donc voté pour les partis porteurs d’un projet à la page du 21° siècle. Le repli identitaire avec Marine le Pen, la société libérale numérisée avec Macron, la transition écologique et solidaire avec les Verts.  Voilà posés les trois points du triangle de l’offre politique pour la génération à venir.

Dans quelle mesure peut-on extrapoler cette révolution au scrutin municipal de 2020 ? Certains effets apparaissent déjà. A droite comme à gauche.
 
A droite, pressentant l’effondrement du 26 Mai, Hervé Mariton a annoncé qu’il démissionnait de son poste de président départemental des Républicains. Il a d’autre part lancé un appel à tous les crestois de bonne volonté pour constituer une liste. Le défenseur talentueux des idées  portées par la Manif pour Tous, est en train de se « désidéologiser ».  Mais pour faire quoi, et pour aller où ? Maintenant que le centre aquatique a fait plouf, quel est sa vision d’avenir pour le territoire ? A-t-il autre chose à proposer que ce qu’il a produit depuis 24 ans ?  Est-il en mesure de rassembler la droite, y compris celle qui s’est reconnue le 26 Mai en Marine Le Pen, derrière un même projet ? On attend de voir !

La gauche, battue et abattue dès le premier tour en 2014, puis très occupée à régler les comptes du hollandisme, va peut-être refaire surface. Sur les décombres, une liste « citoyenne » est en train de voir le jour. On pourra lui poser la même question : où va-t-elle se situer, quelles priorités va-t-elle porter ? Est-elle en mesure, de la même façon que son adversaire, de rassembler la gauche derrière un projet qui donne envie, et derrière des personnes considérées comme fiables ?  Cette liste peut-elle porter haut les aspirations écologistes et solidaires qui ont  hissé la liste de Yannick Jadot en tête sur la ville de Crest ? Ce n’est pas impossible dans la mesure où le groupe originel n'apparaît pas entravé par les vieilles logiques d’appareils partisans. Une première réponse nous sera donnée dès le 13 Juin à l’occasion de sa première réunion publique.  On attend de voir !



Olivier Gros


Connectez-vous pour publier un commentaire