Gilbert, on garde l’œil !

05.06.2019

 

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Mardi 14 mai la majorité municipale a validé l’instauration d’un dispositif de vidéosurveillance autour du gymnase de Die. Où des jeunes « sévissent ». Elle doit revenir sur sa décision.

La vidéosurveillance est une croyance. Jamais elle n’a rien empêché. Elle déplace de quelques mètres un fait délictueux, elle enregistre des faits annexes. Elle est inefficace, inutile ! Nombre d’études sérieuses l’ont déjà attesté.

La vidéosurveillance est un échec, une défaite de l’intelligence. Quand la société abandonne les solutions humaines elle se tourne vers un joujou technologique et « magique » comme on jette une bouteille à la mer.

La vidéosurveillance restreint la liberté. Sa simple présence induit des comportements contrintuitifs. Etes-vous la même personne seul ou quand vous vous savez observé ?

La vidéosurveillance est le nom du délit de sale gueule. Sans nuances, elle stigmatise toujours le petit délinquant, l’incivil, le pas-comme-il-faut, le faux pas, le mendiant, le pauvre, l’étranger, le zonard qui parle mal et fort, le jeune à capuche, un instrument de domination sourd. A Die, elle stigmatise des jeunes à qui la société ne semble pas offrir un avenir désirable. Facile, cette population fragile, de par son âge ne peut même pas sanctionner la Mairie dans les urnes…

La vidéosurveillance est un gadget qui coûte une fortune, 11000 euros d’installation, plus la maintenance, la formation du personnel…

La vidéosurveillance est un marqueur électoral. Pour gagner une élection, rien de mieux qu’un « bidule » répressif à défaut de projet politique (aménagement, jeunesse, …)

La Mairie n’a rien compris. Quel terrible message tandis que parallèlement la jeunesse dioise consciencieuse essaye de faire réagir le monde dit adulte sur son inaction climatique ! Comment ne pas faire de lien entre ce coût astronomique et les TAP (Temps d’Accompagnement Périscolaires) supprimés dans le même temps, et le nombre d’aménagements pour la jeunesse dégradés, en attente désespérante de financement ou carrément absents ?

La Mairie ferait bien d’appliquer à elle-même les valeurs de la transparence dont se pare la vidéosurveillance : débats publics pour chaque décision importante (cf Hopital…), conseils municipaux retransmis sur internet en direct, ordres du jour détaillés et compte-rendus publiés dans des délais raisonnables.  Et puisque les jeunes joueront sous nos yeux : pourquoi ne pas installer aussi des caméras ostensibles dans toutes les pièces de la Mairie, pour voir le Maire se gratter le nez ?…

Ce projet autoritariste doit être abandonné et l’humain revenir au cœur de chaque décision. Vidéoprotection : piège à moutons !

 

Gaëtan Dorémus, citoyen diois

 


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