Trois forces antagonistes

27.05.2019

Ces élections Européennes sont particulièrement intéressantes. Tant par les résultats que par la dynamique.

Des résultats encourageants

Côté résultats, il semble raisonnable de conclure que l’offre des partis classiques correspond de moins en moins à l’attente des citoyens. PS, PC, LR et peut-être même LFI ne font plus recette.

Pendant que trois tendances distinctes sont en train d’émerger :

  • Le populisme (environ 30 %) qui croîtra encore probablement en lien avec les désillusions à attendre d’un libéralisme macroniste relooké
  • Le libéralisme (environ 30 à 35 %) auquel il peut être tentant de croire encore même si cette logique de devoir courir de plus en plus vite fera de moins en moins d’émules et de plus en plus d’épuisés pour permettre à une « élite » de continuer à régner… à moins que le système ne finisse lui-même par craquer
  • Le convivialisme émergent (convivialisme = vivre ensemble) qui se cherche, parfois maladroitement, mais qui, sous différentes formes mobilise près de 30 % des votants.

Ce sont donc trois forces différentes qui existent et non deux contrairement à l’approche binaire et simpliste qui veut opposer le RN aux autres.

Un avenir incertain

A l’heure actuelle il est plus facile de se représenter l’offre populiste (alternative simpliste ?) et l’offre libérale (préservation à tout prix de notre mode de vie) que de construire à tâtons d’autres manières de vivre ensemble auxquelles nous invite le convivialisme.

C’est dire si l’avenir immédiat n’est pas simple. Les déceptions engendrées par le libéralisme conduiront certains citoyens, soucieux de préserver des modes de vie difficilement soutenables, dans l’illusoire eau tiède du populisme. De même que l’épiderme des « libéraux » purs et durs grossira les rangs du populisme plutôt que ceux du convivialisme. 

JLV

D’autant plus que l’offre convivialiste comporte une part d’inconnu et d’expérimentation. Dont les querelles de doctrine le rivalisent à celles de l’égo ! C’est dire si, pour ceux qui s’en réclament, le défi et la responsabilité sont importants : tout faire pour construire avec fermeté et bienveillance un nouveau modèle centré sur l’essentiel (urgence climatique et justice sociale) qui, face aux tentations d’un retour en arrière, offre un futur désirable et rassurant.  

Car il est probable qu’avec l’usure du libéralisme, l’alternative ne soit plus qu’entre les dangers du populisme et les espoirs du convivialisme !

Faudra-t-il passer par la case » chaos » ?

Pour le Laboratoire de la Transition

Jean-Louis Virat


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