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Faut-il craindre le metolachlor ?


On sait que les perturbateurs endocriniens présents dans les pesticides se retrouvent dans l’eau de surface. Cette pollution est mesurée régulièrement par les agences de bassin, mais l’information reste confidentielle. Il existe pourtant une base de données publique, http://naiades.eaufrance.fr/ mais son utilisation n’est pas évidente pour le profane. Heureusement, l’association Générations Futures vient d’y remédier, en publiant des cartes de l’impact de ces perturbateurs endocriniens (PE) , département par département.



La première carte indique le nombre de PE repérés dans chaque département. On en dénombre 33 pour le département de la Drôme ( 32 en Isère, 28 en Ardèche, 42 en Vaucluse) Les trois perturbateurs les plus répandus se trouvent être dans l’ordre : le metolachlor (38 résultats positifs sur 128 analyses),  le naphtalène (16 sur 56) , et le glyphosate (18 sur 96) .

Le metolachlor est une substance qui mériterait sans doute d’être mieux connue, puisqu’elle est interdite au niveau de l’Union Européenne depuis 2003. Il est vrai qu’elle a été remplacée par un produit très proche, le S-métolachlore, qui est la même molécule inversée.

Selon Wikipedia, Il s’agit d’un désherbant principalement utilisé par les producteurs de maïs et de soja. Il est commercialisé par  le groupe  Ciba-Geigy, notamment sous la marque Dual Magnum. Ce pesticide est classé en catégorie C par l’EPA (agence américaine de protection de l’Environnement),  ce qui indique des indices de cancérogénicité. Il est également repéré comme un polluant très soluble dans l’eau et assez mobile.

Concernant le glyphosate , notre département est moins mal loti que ses voisins : 19% « seulement » des analyses le recherchant présentent un résultat positif, pour 32% en Isère, 33% en Ardèche et 59% en Vaucluse.

Il est très probable que les résultats varient fortement d’une vallée à l’autre, en fonction de la densité de population, du climat et des cultures, de surcroît dans un département fortement contrasté dans sa géographie. Il serait donc très utile d’obtenir de l’Agence de l’Eau des données portant spécifiquement sur la vallée de la Drôme et ses principaux affluents. Nous disposerions alors d’un véritable indicateur des efforts déjà accomplis et du chemin qui nous reste  à faire dans notre Biovallée.

le 17 Avril 2019

Olivier Gros,
26 Rue St François , Crest
06 72 75 08 95                                       
ogros84@hotmail.fr

 


publié le 16/04/2019