Opinions

Résistance



Lycéens et collégiens seront-ils les nouveaux résistants ?
En 1939 «ils» ne savaient pas, ou plutôt «ils» ne voulaient pas savoir que la menace était à leur porte. En 2019, «ils» ne savent pas, ou plutôt «ils» ne veulent pas savoir que la menace est à nos portes. Mais au fait, c’est qui «ils» ?
Certainement pas la jeunesse qui est en train de se mobiliser. Comme en 40. Mobilisée par quelques ainés clairvoyants et courageux. Cette jeunesse qui a compris qu’elle ne serait jamais si bien servie et même sauvée que par elle-même. Consciente qu’il vaut mieux prévenir que guérir pendant qu’il est encore temps. Cohérente avec ce «principe de précaution» tant invoqué par des dirigeants si prompts à oublier ce principe qui les dérange.      

                  
Handicapés par leur richesse ?
Rien d’étrange à cela. Car être «possédé» par ce que l’on possède conduit à l’aveuglement. C’est humain. Au point qu’il faudra probablement une catastrophe pour nous libérer de l’addiction à l’omniprésent pétrole.


Riches de leur simplicité ?
Alors que bien des jeunes, inquiets pour leur avenir, ne possédant ni 4x4 ni SUV ni riches demeures, ni Rolex, capables de vivre avec peu et sans dettes, libérés des lointains et fastueux voyages en jet sous les cocotiers, indifférents aux safaris ou autres aventures artificielles et aux multiples «luxes» futiles, affranchis des marques et d’une petite vie qui ronronne, adeptes de la coloc et des canapés complètement cuits, artisans d’une vie plus authentique… Bien des jeunes, donc, ont la liberté de celui qui ne possède rien. Libres pour imaginer, concevoir et construire un autre monde. Un monde dé-mondialisé, un monde relocalisé. Plus simple. Plus humain. Plus solidaire. Plus cool et plus sympa.
Pendant qu’il est encore temps.


Rien à perdre, tout à gagner
Ils ont pour eux cette chaleur de la musique et des teufs, ils ont pour eux le smartphone et les réseaux sociaux. Pour le meilleur et pour le pire, certes. Mais qui pourraient bien devenir des instruments de résistance massive. Et même offensive face aux puissances et aux puissants qui détruisent aveuglément la planète avec notre complicité. Le champ d’action est immense au cœur de ce « système » dont nous ne mesurons étonnamment pas la fragilité.
Comme nos aînés il y a 70 ans, et plus particulièrement ici dans ces terres de résistance, d’hospitalité et de simplicité, celles du Vercors et du Diois, une partie de la jeunesse a la double motivation de combattre un adversaire moins visible, et néanmoins redoutable, et d’inventer un monde meilleur, radicalement différent et convivial.
La force de ces jeunes pionniers finira par l’emporter. « Ils » ne riront pas toujours !
C’est une très bonne nouvelle !


Pour le Laboratoire de la Transition
Jean-Louis Virat

Crédit photo : Claude Veyret

 

 


publié le 02/04/2019