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CCCPS : Au-delà des ambivalences


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Lors du dernier conseil de la CCCPS a été votée une augmentation des impôts de 2%. Cette décision résulte d’un compromis entre les partisans d'une augmentation de 20% à 60% (suivant la prise en compte du financement du centre aquatique), présentée comme indispensable dans le rapport d'orientation budgétaire de janvier dernier et M. Mariton, maire de Crest, qui souhaitait le maintien des taux fiscaux actuels.

Nous avons assisté lors de ce débat à une joute assez féroce entre la commune centre et la majorité des autres communes. A la suite de quoi, M. Mariton n'a pas caché, lors du conseil municipal de Crest faisant suite à la réunion de la CCPS, que tout irait mieux si le président de la communauté était le maire de la commune centre.

Cette passe d’armes et la réflexion du maire de Crest porte à réfléchir une fois encore sur le fonctionnement des communautés de communes. M Mariton serait-il d'accord avec Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales qui disait lors de la séance du 24 janvier dernier au Sénat : « Il faudra à mon avis se pencher de nouveau sur la question de l’amélioration de la gouvernance au sein de l’intercommunalité, ainsi que sur celle de la territorialisation des politiques publiques » ?

Ou bien, faut-il suivre Maryse Carrère, sénatrice des Hautes-Pyrénées qui affirmait lors de la même séance : « Personne ne se préoccuperait outre mesure de rééquilibrer la composition des conseils communautaires si le fonctionnement de l’intercommunalité était toujours harmonieux et si le véritable esprit de coopération qui doit présider à ce fonctionnement n’avait pas été mis à mal par des regroupements forcés, par un agrandissement inconsidéré du périmètre de nombreux EPCI à fiscalité propre et par la multiplication des transferts de compétences obligatoires à leur profit » ?

Et l’on peut aussi se référer aux propos de Rémy Le Saout, sociologue s’intéressant aux élus locaux, qui voit dans le lien organique actuel entre la commune et l’intercommunalité "une ambivalence qui permet ainsi à certains élus locaux d’imputer les choses désagréables… aux intercommunalités, à l’instar de ce que se permettent les ministres des différents gouvernements avec l’Union européenne."

En attendant de faire évoluer la gouvernance de la communauté de communes, le centre aquatique promis par M. Mariton à ses électeurs Crestois en 2008 devrait voir le jour. Toutefois, nous ne savons pas encore combien il leur en coûtera.

François Bouis, conseiller communautaire, 19 mars 2019


publié le 20/03/2019