Édito

Édito: SAGE, le bien nommé



L'eau, on le sait, est l'un des enjeux majeurs de demain. Réchauffement climatique, démographie galopante, urbanisation et industrialisation croissante sont autant de facteurs aggravants qui pèsent sur l'approvisionnement en eau. Certains experts ont même prédit que son absence dans des régions du monde pourrait être à l'origine de conflits d'un nouveau genre. Après la guerre du feu, les guerres de l'eau ?


Dans ce contexte, les pratiques du territoire de la vallée de la Drôme font figure d'exemplarité. C'est ici en 1997 que fut signé, à l'instigation du DAVD (devenu depuis la CCVD) l'un des premiers « schémas d'aménagement et de gestion des eaux ». SAGE, le bien nommé. Le document fixait notamment des objectifs en matière de restauration de la rivière Drôme, et de partage des usages. Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts de la vallée de la Drôme qui va bientôt finaliser son troisième SAGE. Avec cette fois-ci, signe des temps, une démarche participative préalable associant des citoyens à son élaboration.

La rivière Drôme, jadis martyrisée par des prélèvements trop importants de graviers et par des rejets polluants, a retrouvé sa superbe, saluée par un « river prize » mondial. La qualité des eaux de baignade est revenue permettant la réintroduction de l'apron du Rhône, petit poisson autrefois très présent. Reste toujours la question des prélèvements, cruciaux en ces périodes de sécheresses à répétition. Il manque encore trop d'eau l'été dans la rivière Drôme. Comment permettre le maintien d'une irrigation vitale pour l'agriculture locale avec le maintien de pratiques de loisirs, tout aussi essentiels pour l'activité touristique ? Voilà toujours et encore le défi à relever. Des initiatives ont été prises (moins de cultures gourmandes en eau, raccordement du réseau d'irrigation de la plaine d'Allex à celui du Rhône).

Mais en ces temps de fracture sociale et de dialogue difficile, on se prend à rêver : que les sages du SAGE parviennent, encore une fois, à faire exemple...

Claire SIMOND


Rédigé le 21/03/2019