Édito

Édito : Le zéro pointé des générations futures !



Ce vendredi, des collégiens, des lycéens, des étudiants de la planète ont appelé à une grève mondiale pour le climat. Du jamais vu. A Crest et à Die, des jeunes se mobilisent également. La toile planétaire des réseaux sociaux relie leurs consciences écologiques.

Enfants, petits-enfants ou jeunes voisins vous le diront comme ceux qui se sont mobilisés dès février chaque vendredi à Paris : « On nous traitera de mauvais élèves, mais ceux qui n’ont pas fait leurs devoirs, ce sont les gouvernements et les entreprises qui volent notre futur.» Les jeunes nous accusent de n’avoir rien fait pour lutter contre le réchauffement climatique, contre la perte de la biodiversité…

« C’est à nous de prendre l’initiative » affirme Marine, lycéenne à Crest, témoignant pour les collégiens et lycéens, qui n’ont pas le droit de vote, et parce que « les adultes ne font rien depuis un siècle ». Leurs constats et remises en cause sont existentiels : « Pourquoi devrions-nous étudier pour un futur qui n’existera bientôt plus, alors que personne ne fait rien pour le sauver ? »

Écoutons-les. Ne soyons plus sourds à leurs revendications, à l’énergie de leur jeunesse et à leur anxiété. Ils ont assimilé les mises en garde des scientifiques depuis plus de 15 ans ; ils savent voir les premiers effets désastreux du changement climatique et ils en ont sans doute assez de la répétition sempiternelle du mantra « le développement ne doit pas compromettre celui des générations futures » par des chefs d’Etats, d’organisations internationales et patrons de multinationales qui s’achètent une image plus verte pour habiller leur business habituel. Cette litanie est reprise depuis 1987 et extraite du fameux rapport « Notre avenir à tous » de Gro Harlem Brundtland, ex première ministre norvégienne, qui « inventa » le concept de développement durable, associé à la croissance économique.

Il en est pour leur reprocher de sécher les cours ? Soyons sérieux. Ne font-ils pas acte de civisme ? Faut-il perdre du temps à débattre de cette question ? Un député européen allemand, Martin Sonneborn, y a répondu en publiant une lettre d’excuse à télécharger pour les lycéens. Il n’y a plus de temps à perdre, la situation est grave, ils nous le disent.

Associons-les sans hypocrisie à la prise de décisions qui les concernent au premier chef, eux et les enfants à naître. Leurs manifestations ne sont pas l’expression de crises d’adolescence aveugles. Ils nous mettent en demeure de réagir. Comme le fit Charlie, collégien des Alpes de Haute-Provence, qui lors d’un épisode du Grand débat national questionna Emmanuel Macron : « puisque c’est l’argent qui nous a amené à négliger l’écologie, pensez-vous qu’on pourra acheter une nouvelle planète avec de l’argent ? »

Louisette Gouverne - 14 mars 2019


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Rédigé le 14/03/2019