Édito

Journée internationale des droits des femmes



Nous sommes le 8 mars, c'est la journée internationale des droits des femmes. C'est important de ne pas transformer cet intitulé en journée de la femme.
Pourquoi ?
Tout d'abord parce que c'est le titre historique de cette journée officialisée en 1977 par les Nations Unies. Elle rend notamment hommage aux ouvrières qui se sont battues pour une égalité salariale et le droit de vote au début du XXème siècle.
Mais aussi parce que transformer une journée de lutte pour nos droits à une journée de la femme, réduit notre genre au singulier. Or, le 8 mars on ne célèbre pas la femme, on se bat pour que les femmes obtiennent les mêmes droits que les hommes.

Alors nous ne voulons pas de réductions au supermarché, encore moins une rose à la caisse, un atelier de poterie ou -20% sur l'épilation du maillot. Au contraire nous voulons +25% sur nos salaires pour définitivement clore l'écart salarial entre femmes et hommes. Nous voulons que le plafond de verre saute, que le sexisme en entreprise soit reconnu comme une violence, et pas comme de simples blagues un peu graveleuses autour du café.

Nous voulons que les associations qui accueillent des femmes victimes de violences conjugales soient aidées pour tout le travail qu'elles fournissent. Trente femmes sont mortes depuis le 1er janvier 2019, sous les coups de leurs conjoints ou de leurs ex-conjoints. Combien d'autres pour que l'on se réveille ?

Nous voulons marcher dans la rue sans avoir peur de nous faire héler, siffler, par des inconnus. Nous voulons ouvrir des débats sur ce qui fait qu'aujourd'hui encore, une femme se fait violer toutes les sept minutes en France. Nous voulons parler de consentement, parce que quand une femme dit non, ce n'est pas un oui déguisé, ce n'est pas un peut-être, c'est un non.

Nous voulons réparer l'Histoire qui a tant de fois pris aux femmes artistes ou encore scientifiques le fruit de leur travail pour en donner le crédit à un homme. Nous voulons remettre les femmes dans l'espace public. Rien qu'à Crest, sur 112 rues portant des noms de personnages célèbres seules quatre sont des femmes.

Pour fêter le 8 mars, et nous accompagner dans la lutte quotidienne pour les droits des femmes, le mieux est de nous laisser parler. De ne pas créer de faux-événements pour soi-disant nous célébrer en nous réduisant à des potiches. De nous laisser prendre la place que nous méritons dans la société. De se rendre compte que le mot féminisme n'est pas un gros mot visant à écraser les hommes, mais un mouvement pour créer une société plus juste et égale.

Et si vous voulez faire autre chose que de la poterie et ouvrir le débat, à Crest, rendez-vous à 20h30 salle haute du restaurant La Tartine (entrée par le 10 rue Peysson).



Rédigé le 08/03/2019